L’anandamide : le cannabinoïde naturel du corps humain

La diversité des consommateurs de cannabis – entrepreneurs, étudiants, patients médicaux – est étonnante. T’es-tu déjà demandé ce que tous ont en commun ? Eh bien, chaque être humain produit son propre endocannabinoïde, l’anandamide, qui ressemble beaucoup au THC. Pour en savoir plus sur l’anandamide, continue à lire cet article !

Malgré les changements de la condition humaine apportés par la technologie, certaines choses restent plus ou moins les mêmes depuis l’aube de l’humanité.

Il y a des centaines d’années, tes ancêtres profitaient sans doute d’un peu de ganja autour du feu avec famille et amis, comme tu le fais.

Cette constance dans l’amour pour l’herbe n’est-elle pas un peu étonnante, dans un monde qui change tellement vite ?

On a tenté de faire l’herbe dans de nombreuses catégories – enthéogénique, culturelle, générationnelle – mais en toute honnêteté, c’est un peu capillo-tracté. L’utilisation du cannabis semble transcender les races, les âges et les cultures – et même les siècles. Et plus elle est acceptée socialement, plus les gens de toutes les catégories démographiques confessent ouvertement et sans honte leur consommation de cannabis.

Alors, qui ou quoi porte l’heureuse responsabilité du fait que certaines grand-mères aiment autant fumer de l’herbe que la génération Z, les Mongols comme les Uruguayens, les hippies des années 60 comme les entrepreneurs d’aujourd’hui ? La réponse pourrait littéralement venir de la biologie du corps humain, qui produit son propre cannabinoïde semblable au THC : l’anandamide. Est-il possible que l’anandamide soit la raison pour laquelle tant de gens différents aiment la weed ?

Qu’est-ce que l’anandamide ?

Ce composé chimique est souvent désigné sous le nom de « molécule de la béatitude » parce que son étymologie est à chercher du côté du mot sanskrit ananda : le bonheur ou la béatitude. L’anandamide appartient à une classe de composés dans le corps appelés amides d’acides gras et appartient au système cannabinoïde endogène du corps humain. Son nom chimique complet est N-arachidonoylethanolamine.

Le prédixe endo : de l’intérieur, signifie que l’anandamide est un cannabinoïde qui provient du corps. Soit l’inverse des cannabinoïdes exogènes : qui proviennent de l’extérieur du corps. Fait notable, la structure chimique de l’anandamide ressemble beaucoup à celle du THC. On pourrait presque dire qu’ils sont cousins. Le THC est un cannabinoïde exogène, tandis que l’anandamide est celui produit par le corps lui-même.

L’anandamide réagit avec les récepteurs CB1 et CB2, ce qui signifie qu’il atteint le cerveau et le système nerveux central. Tout comme le THC, ce cannabinoïde est responsable d’une sensation de plénitude – en plus d’augmenter l’appétit et la somnolence. Il joue également un rôle énorme dans un ensemble varié d’autres fonctions corporelles vitales.

Le cerveau humain : un puzzle cannabinoïde

L’anandamide : cannabinoïde du corps humain - WeedSeedShop

Raphael Mechoulam, un scientifique et botaniste israélien, est le premier à avoir isolé des cannabinoïdes dans les années 1960. Après avoir déterminé la structure chimique du CBD, Mechoulam et son équipe ont réussi à isoler le THC en tant que principal composant psychotrope du cannabis. Le THC est la raison pour laquelle tout le monde aime fumer de l’herbe. Cela a naturellement conduit à des études sur l’effet de cette molécule sur le corps et le cerveau, lesquelles ont mené à la découverte de l’existence d’un système endocannabinoïde chez l’humain.

Suite à l’intérêt pour les endocannabinoïdes suscité par ces travaux de recherche, les scientifiques sont arrivés à la conclusion qu’il devait y avoir quelque récepteur de cannabinoïdes dans le cerveau ou le corps. Une chose en entraîne une autre, bien sûr, et l’équipe d’Allyn Howlett, à l’université Saint Louis, ont trouvé des preuves concluantes que le cerveau humain contient effectivement des récepteurs aux cannabinoïdes. Et le THC semble s’adapter parfaitement à ces récepteurs !

Mais pourquoi le cerveau humain aurait-il un récepteur cannabinoïde qui s’adapte presque parfaitement au THC alors que celui-ci n’est pas produit naturellement dans le corps ? C’est cette énigme qui est à l’origine de la découverte de l’anandamide.

La présence d’un cannabinoïde endogène a été découverte par membres de l’équipe de Raphael Mechoulam, des scientifiques amateurs de cannabis. William Devane et Lumir Hanus ont trouvé en 1992 la dernière pièce de ce puzzle cannabinoïde. Et ils ont décidé de lui donner ce nom d’anandamide, d’après le mot sanscrit pour la béatitude.

Le THC n’a quasiment pas à s’adapter aux récepteurs cannabinoïdes, mais l’anandamide quant à elle s’y intègre parfaitement . La découverte de ce neurotransmetteur a ouvert des champs importants de connaissance du cannabis et du corps humain.

L’isolement et la découverte d’un endocannabinoïde ont confirmé qu’il existe en fait un système endocannabinoïde complet dans le corps. Avec la présence de récepteurs et de cannabinoïdes produits naturellement, il existe un système complet qui agit dans le corps humain et le cerveau sans l’intervention de cannabinoïdes extérieurs.

À quoi sert l’anandamide ?

Il reste encore beaucoup de choses à découvrir sur l’action de l’anandamide dans le corps. Elle fait partie de l’un des systèmes les plus complexes du corps humain. Sa fonction la plus connue est la sensation de bonheur que de nombreux utilisateurs de cannabis connaissent. Mais il y a beaucoup plus que cela.

L’anandamide agit dans les parties du cerveau qui affectent la mémoire, la sensation de douleur, l’appétit, le mouvement et même la motivation. Elle a également des effets sur le système reproductif et la fertilité. C’est un neurotransmetteur, et en tant que telle elle est rapidement décomposée par les fonctions du corps. C’est pourquoi, bien qu’elle ait une fonction quasi-psychotrope, l’état de “défonce” qu’elle crée ne dure pas éternellement.

L’anandamide augmente la neurogenèse, soit la formation de nouveaux neurones, ou de nouvelles voies neuronales. C’est la raison pour laquelle les scientifiques disent que l’anandamide a un effet anti-anxiété et anti-dépresseur – une caractéristique de plus qu’elle partage avec le cannabis !

Fait intéressant, l’anandamide est également transmis aux nouveau-nés par le lait maternel. On pense que c’est la racine de l’anandamide qui a un effet sur l’appétit et le déclenchement de la faim.

Enfin, si cet endocannabinoïde n’était pas déjà assez magique – l’anandamide est également responsable de la capacité à oublier. En quoi cela peut-il jouer un rôle dans la bonne santé d’un individu ? Michael Pollan a posé cette question au docteur Mechoulam lui-même dans un documentaire intitulé « Botany of Desire » :

“Une drogue de l’oubli ne me semble pas vraiment utile. La mémoire, nous le savons, est essentielle pour la survie … En quoi l’oubli peut-il être bon ? J’ai posé cette question à Mechoulam et il m’a répondu : “Vous voulez vraiment vous souvenir de tous les visages que vous voyez dans le métro le matin ?”

La plupart des consommateurs de cannabis connaissent l’effet de celui-ci sur la mémoire. Et de façon générale, tous conviennent que cet effet n’est pas positif.

Mais la réponse de Mechoulam nous donne un peu de perspective sur pourquoi l’oubli pourrait être l’une des choses qui rendent la weed si désirable. Son effet de neurogenèse pourrait être protecteur plutôt que ce que nous pensions à l’origine, c’est-à-dire qu’il détruirait les cellules du cerveau.

Le rôle de l’anandamide est compliqué, c’est le moins qu’on puisse dire, comme tout ce qui concerne le bonheur. Énormément de facteurs entrent en jeu. La santé physique, l’humeur, l’équilibre hormonal, les fonctions cérébrales ont tous un rôle à jouer dans ce que nous appelons le “bonheur”. William Devane et Lumir Hanus ont eu raison de donner à l’anandamide ce nom.

L’interaction entre l’anandamide, le THC et le CBD

Quand on consomme du cannabis, le THC imite essentiellement ce qui serait autrement fait par l’anandamide.

La différence est que le THC a une demi-vie beaucoup plus longue que l’anandamide, dont nous avons mentionné plus tôt qu’elle se décompose rapidement. Pour ceux dont les corps ne produisent pas d’anandamide en grande quantité, la présence de THC et sa stimulation efficace des récepteurs cannabinoïdes pourraient être un changement agréable.

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Le CBD interagit de façon bien différente avec le corps. Il n’a pratiquement aucun effet psychoactif, mais encourage plutôt la fonction naturelle du système endocannabinoïde. Il empêche la production de FAAH, une enzyme dans le corps qui décompose l’anandamide.

Par conséquent l’introduction de CBD dans le corps augmente nettement la demi-vie de l’anandamide. Cela signifie également que le corps est encouragé à en produire davantage. Le résultat : plus de félicité, moins de douleur, et une meilleure capacité à traiter l’inflammation.

Même s’il peut sembler que le cannabis augmente la production d’anandamide, ce n’est pas le cas. L’ingestion de CBD encourage au mieux la production d’anandamide, mais fumer trop de cannabis à forte teneur en THC pourrait en fait se révéler contre-productif. C’est une copie du processus à l’oeuvre dans le corps qui se passe à l’intérieur de vous, et rien ne peut remplacer l’original.

Certains scientifiques affirment que l’anandamide est produite lorsqu’une personne est dans un état de profonde relaxation, de concentration ou même d’état de flow – bien connu des danseurs, des musiciens ou des sportifs. Cet endocannabinoïde mystérieux est probablement la raison pour laquelle les êtres humains ont une relation si profonde avec le cannabis, quelque soit leur origine.

Aimer le cannabis a finalement peu à avoir avec la longueur des cheveux ou les goûts musicaux. L’herbe amène à un état d’élévation si naturel qu’il arrive que le corps le produise lui-même tout seul. C’est pourquoi tant de gens peuvent apprécier le cannabis et continueront de le faire pendant longtemps !

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    Sera Jane Ghaly

    Si je devais me décrire en quelques mots, je dirais que je suis une nomade assoiffée d’aventure. Née à Melbourne en Australie, j’ai vécu de nombreuses renaissances aux quatre coins du monde. Je suis positivement obsédée par les mots et les langues, et je m’en sers pour naviguer au travers des multiples dimensions de l’expérience humaine. Mon intérêt pour le cannabis a commencé aux États-Unis, et depuis je parcours le monde avec l’herbe comme boussole et source d’inspiration. La douce Marie-Jeanne m’a conduite de cérémonies shamaniques dans la forêt amazonienne en rituels enfumés avec des Babas en Inde. Je rêve de fumer un joint avec le podcasteur américain Joe Rogan !
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